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Saturday, January 31, 2015

L’hypothèse d’une nouvelle révolution en Haïti par Michel-Ange Cadet


L’hypothèse d’une nouvelle révolution en Haïti

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Par Michel-Ange Cadet

Haiti Chery
L’incertitude est un état normal de l’évolution de l’esprit. Il est tout à fait plausible que dans la vie nous ressentons ce sentiment qui est inné dans la nature humaine. L’inconnu n’est jamais accueilli sans grand intérêt, sans un minimum de prudence. La peur de l’inconnu dirige souvent nos comportements. De la peur émane le doute. Et le doute retient l’action. Ainsi demeure le status quo où personne n’ose affronter son propre démon: la peur. La peur d’agir de manière à ne pas se tromper, à ne pas commettre l’irréparable ou de dire s’aurait été mieux de ne rien faire. C’est que tout simplement l’homme craint tout ce qu’il ne peut entièrement contrôler du début à la fin. L’échec est un mot que nous évitons toujours. Par ailleurs, de toutes les inventions, les progrès qu’a connus l’humanité, cette crainte, cette attitude de la peur du « nouveau » – la peur d’un échec – ne serait-ce à un degré moindre, est toujours présente.

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La Révolution, voilà un mot qui fait peur. Un concept qui crée parfois beaucoup de confusions et d’incertitudes face à l’avenir. Si la vie est une lutte comme le disait Victor Hugo, lutter signifierait « agir sur le présent » pour atteindre un résultat dans le futur. Avoir le résultat espéré ou peut-être pas. Mais résultat, il y en aura toujours un. C’est un grand problème de la révolution. Une chose est certaine, c’est le chambardement total, la réorganisation de toute une société. Au profit de qui? Qui, préalablement pourrait le savoir? Les esclaves de St-Domingue ont eu toutes les raisons de vouloir un chambardement dans la colonie. Nulle incertitude n’a eu le même poids que leur détermination. Incertitude, oui il y en a bien eu. De leur sort, de leur avenir, ils ont tout donné pour se défaire du joug des fouets des colons. L’ère d’une autre vie dans un autre système avait ainsi sonné la fin de l’esclavage.

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La révolution est d’abord mentale puisqu’elle émane d’une prise de conscience collective. Il faut se rendre compte de sa situation actuelle. Elle fait penser à une autre condition de vie. Elle fait rêver. Ce qui alors nous pousse à sortir de notre indifférence à agir de manière à ne plus continuer de rêver, plutôt à concrétiser, à matérialiser un idéal commun. Certains veulent agir quoiqu’il en soit, quel que soit le résultat pourvu que quelque chose change: ce que voudrait tout peuple éclairé qui aspire à un lendemain meilleur. Ce sont ceux qui disent comme Victor Hugo: « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent; ce sont ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front. Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime. Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime ». Le but sublime, la cause de toute révolution disons-nous: ce sont les fils et filles naturels de la nation qui cherchent leur nom. Leur devenir dans une société où ils se sentent marginaliser et abandonner par leur mère-patrie. Et quel que soit le résultat de la révolution ils s’en moquent pourvu qu’ils ne vivent plus comme des rebuts de la société.

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D’autres, les fils et filles légitimes de la nation, qui veulent que rien ne change puisque chambouler voudrait tout aussi dire la perte de toute une série de privilèges qu’ils seraient forts difficiles de conserver. La vie, comme elle est, est acceptable. C’est l’œuvre du Tout-Puissant. Il ne faudrait pas changer le status quo de peur que l’ordre divin ne soit perturbé. Ce sont pourtant des situations qui existent partout dans le monde. Ce n’est pas une réalité propre à Haïti. Nous nous rappelons de la fameuse maxime de la Fontaine dans Les animaux malade de la peste: « Selon que vous soyez puissant ou misérable les jugements des courts vous rendront blanc ou noir ». Néanmoins ce sont les écarts qui choquent et qui à la longue engendrent des corrections.

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De nos jours, je me demande si nous, Haïtiens et Haïtiennes, jeunes et moins jeunes, avons cette conscience qu’il y a quelque chose, autre que ce que je vois, à changer. Un but sublime à concrétiser. Tant pour nous que pour les générations à venir. Cette prise de conscience collective, quand se manifestera-t-elle? De réaliser qu’il faut que quelque chose change dans cette société. Il est temps de commencer la révolution de l’esprit de sortir de cette indifférence; de briser cette peur qui nous empêche d’agir et de poser concrètement les vrais problèmes de la société haïtienne. « Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre », comme disait Hugo. Quand, nous la jeunesse briserons cette incertitude d’agir pour affronter l’incertitude de notre avenir. Je ne sais quand? Ou? Et comment? Mais quelque chose doit être fait. Il y va de notre avenir.

Sources: Michel-Ange Cadet est né à Cap-Haitien, où il a effectué ses études primaires et secondaires respectivement chez les frères de l’Ecole Joseph et au Collège Notre Dame du Perpétuel Secours. Très vite il a pris gout au mouvement d’organisation de jeunes où il est actuellement membre du Groupe de Recherche en Développement Economique et Social d’Haïti (GREDESH) après ses études supérieures en Sciences Economiques. | Cet article est également disponible en anglais à News Junkie Post.

Source:  Haiti Chery