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Sunday, July 13, 2014

L’enseignement supérieur et la recherche en Haïti: état des lieux et perspectives by Jean-Marie Theodat

L’enseignement supérieur et la recherche en Haïti: état des lieux et perspectives 
by Jean-Marie Theodat

Dans le séisme qui a touché la capitale haïtienne, on est frappé par le caractère impressionnant des dégâts matériels : le palais national, le parlement, le palais de justice, la direction des impôts, etc. sont réduits en poussière. Tous les symboles de la représentation nationale et les éléments de l’organisation du pouvoir ont été détruits. Certains directeurs généraux sont morts avec leurs collaborateurs dans l’effondrement de leurs bureaux. C’est dire que l’ébranlement physique des lieux vient ponctuer de façon tragique la faillite, considérée comme consommée depuis une décennie, de l’Etat haïtien. Néanmoins, dans la douleur, on ne peut s’empêcher d’être également frappé par le courage dont a fait montre la population et la solidarité qui s’est manifestée dès les premiers instants ayant suivi le désastre. Le chaos annoncé ne s’est pas produit. Les lieux ont été sévèrement touchés, mais les liens sont restés intacts : entre voisins, entre parents, entre collègues, l’entraide est patente et révèle des réserves d’humanité dont on ne croyait plus les Haïtiens capables entre eux.

Des comités de vigilance se sont créés pour assurer l’évacuation des blessés et l'organisation des soins, la collecte des ordures, la distribution de l’eau et la vigilance nocturne autour des camps pour éviter les pillages. A l’évidence, Haïti ne pourra pas se remettre seule de pareil dommage. L’aide étrangère afflue, généreuse, mais l'enseignement supérieur ne figure pas dans le calendrier des priorités du gouvernement. La part réservée à l'école fondamentale et secondaire, pour des raisons d'équité sociale évidente et compréhensible, a toujours primé dans la répartition des ressources publiques allouées à l'enseignement en général. Le système ancien de la formation à l'étranger de l'élite locale a prévalu jusqu'à aujourd'hui. Que les États-Unis et le Canada devancent la France comme destination principale des étudiants haïtiens titulaires d'un baccalauréat ne change rien au fond du problème. Il faut aider Haïti à former elle-même ses cadres et leur donner les moyens de rester travailler sur place par des mesures incitatives en faveur de l'enseignement et de la recherche. Investir dans les murs, c'est bien, investir dans l'humain, c'est mieux. Pour se relever le pays aura besoin de l’engagement de toutes les bonnes volontés ; c'est ainsi qu'il faut interpréter l'engagement de nouveaux acteurs de la scène éducative et universitaire haïtienne : le Brésil, Cuba, le Venezuela.

Cette coopération sud-sud offre l'intérêt que  lesdits partenaires étrangers sont ou ont été confrontés récemment, à des degrés divers, sur  leur territoire à des problèmes similaires liés à la pauvreté de masse, l'analphabétisme et l'exode des cerveaux. Cette générosité ne vaut que si les Haïtiens se donnent les moyens d'assurer eux-mêmes la relève, car dans la longue durée, le pays devra compter d'abord sur ses propres forces, ses propres talents. A partir du constat que les Haïtiens formés à l'étranger ne reviennent pas pour la plupart travailler au pays, le pari est de renverser la tendance et d'offrir aux étudiants haïtiens un cadre de formation universitaire et professionnelle de qualité répondant aux besoins de la reconstruction de Port-au-Prince et du développement du pays.  

Parmi les principaux chantiers de la reconstruction, le système universitaire est stratégique : il représente l'avenir de l'État. Telle est l'école, tel est l'État. Un lieu d'apprentissage et de liberté ou un espace de punition permanente et de libertés bafouées ? En Haïti, l'urgence est telle qu'il faut relever à la fois les murs et le niveau du personnel. Les maux de l'Université en général sont multiples et notoires : éparpillement des sites, mauvais équipement des salles, sous-qualification des enseignants, etc. Les pays francophones, la France et le Canada en particulier, ont répondu sans délai à l'appel des collègues et étudiants haïtiens, à l'heure de l'épreuve, par des accueils spontanés, des propositions de bourses et des  débours importants, aidé à surmonter le traumatisme collectif de la cessation brutale des cours.

 Ces partenaires entendent participer pleinement à la relève du système universitaire haïtien. Les journées de réflexion qui se sont tenues sous l'égide de la Conférence des Recteurs et Présidents d’Universités de la Caraïbe (CORPUCA), à Santo Domingo, en février, à l'invitation du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR), à Paris, en mars, la mission française de l'Agence Interinstitutionnel de la Recherche pour le Développement (AIRD) d'avril 2010, à Port-au- Prince, et les journées organisées par le GTEF du 11 au 12 mai 2010,ont abouti à l'idée qu'il fallait inscrire dans la longue durée l'action solidaire francophone, tout en encourageant l'ouverture du milieu universitaire haïtien sur les autres aires linguistiques de son environnement régional.



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